Je ne suis pas à l'aise avec l'idée de parler de moi en ligne.

Je parle de ce que je fais, de ce que les autres font, ou de ce que je pense des choses qu'on fait ensemble. M'enfin, parfois, il est bon de se forcer un peu, et puis, ayant développé la plateforme sur laquelle j'écris actuellement, il serait peut-être temps de commencer à l'utiliser.

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J'ai toujours tout gardé et je ne me souviens pas avoir cassé un seul des objets avec lesquels je jouais enfant. Par conséquent, la notion de regret, à ce sujet, ne m'évoque pas grand-chose : je les ai toujours, soit au fond d'une boîte, soit directement autour de moi.

D'ailleurs, ne serait-il pas un peu curieux, une fois adulte, de regretter nos jouets d'enfance ? Habitués à manipuler des objets de plus en plus sophistiqués, calibrés pour générer à la fois frustration et plaisir en abondance, la simplicité de nos jeux d'enfant me lasserait vite si je devais y retourner.

Si je regrette quelque chose, c'est l'interaction avec ces jouets, et non l'objet lui-même. Et dans le cas des objets que je n'utilise plus, c'est une chose qui ne reviendra jamais. Soit l'intérêt du jeu réside dans sa découverte — et cela n'arrive qu'une seule fois —, soit il s'exprime à travers des mécanismes forcément simplistes par rapport aux objets que j'ai l'habitude de manipuler aujourd'hui. Si l'objet m'intéresse encore, il est fort probable que je l'utilise toujours de temps à autre.

Donc, pour que je regrette un objet, il faudrait que j'envie encore les interactions que l'objet propose, mais qu'il soit devenu inutilisable en raison de ses caractéristiques intrinsèques. Et pour le coup, j'ai un bon exemple en tête.

Gros truc de nerd, on se refait pas

Depuis tout petit, je suis passionné par l'informatique et, vers 9-11 ans, j'ai eu accès au merveilleux iMac G3 de la famille. Habitué à manipuler des ordinateurs à l'école, qui tournaient sous Windows 98, j'étais impressionné par la machine d'Apple et son système d'exploitation.

C'était beau.

C'était simple (je me souviens de faire du glisser-déposer pour à peu près tout).

Tellement en avance sur ce qui se faisait ailleurs à la même époque (Mac OS X est sorti en 1998), cette machine m'a appris mon métier. Elle est d'ailleurs posée derrière moi, sur une étagère, pendant que j'écris ces lignes, et même si elle fonctionne toujours, je regrette de ne plus pouvoir l'utiliser comme avant. La découverte est passée, cette machine ne m'apprendra plus autant que par le passé, et, surtout, nos usages de l'informatique ont tellement évolué que l'ordinateur est souvent réduit à un simple portail d'accès à internet. Incapable de se connecter à des sites sécurisés (https) et trop peu puissante pour afficher la moindre page web moderne, elle ne peut plus être utilisée comme un outil de création ou de divertissement, sans passer au moins autant de temps à trouver un moyen de l'utiliser comme souhaité qu'à réellement progresser vers l'objectif initial.